TOP LOUP:
1-)2 loups tués en Isère:16 septembre 2006
Autorisation de tuer 1 loup mais 2 loups tués ....
Communiqué de la préfecture Isère, 7 septembre 2006
Par arrêté préfectoral du 22 août 2006, des tirs de prélèvement du loup ont été organisés sur les communes d'Allevard, de Pinsot et la Chapelle du Bard. Ces opérations ont été organisées dans les conditions et selon les modalités définies par le protocole national de gestion du loup. Elles ont été motivées par la persistance de dégâts sur l'alpage de Périoule, constatés au cours de 6 attaques survenues malgré les mesures préalables de protection et d'effarouchement mises en place par l'éleveur.
Les opérations ont abouti ce matin à 8 h 30, au tir de deux animaux d'une même meute : tout d'abord une jeune femelle, puis, quelques minutes plus tard, un mâle adulte. Un escarpement rocheux n'a pas permis au deuxième tireur d'être alerté du premier tir.
Les deux animaux prélevés sont les premiers animaux de l'espèce prélevés cette année dans le cadre du quota national de 6 animaux autorisés par l'arrêté interministériel du 24 mai 2006.
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Dépêche AFP, 7 sept 2006
Deux loups, suspectés d'avoir attaqué des troupeaux, abattus en Isère
Deux loups, un mâle et une jeune femelle, suspectés d'avoir attaqué à plusieurs reprises des troupeaux en Isère, ont été tués jeudi matin, a indiqué le directeur départemental de l'Agriculture et de la Forêt de l'Isère, Yves Tachker. Le 22 août, le préfet de l'Isère avait pris un arrêté autorisant à tuer un loup dans le massif de Belledonne, au dessus d'Allevard (Isère), où des troupeaux ont subi plusieurs attaques malgré des mesures de protection mises en place par l'éleveur. "Un tireur posté n'a pas entendu qu'un autre tireur venait déjà de tuer un loup, c'est pourquoi deux loups ont été abattus" vers 8h30, a expliqué M. Tachker. Pour justifier son arrêté, le préfet avait indiqué que "depuis le mois de juillet, six attaques ont fait l'objet de constats dressés par des agents assermentés et 21 moutons ont été tués". Des lieutenants de louveterie et des gardes assermentés étaient chargés de cette intervention à proximité des troupeaux ayant fait l'objet d'attaques. Le tribunal administratif de Grenoble a débouté jeudi l'association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) qui avait attaqué l'arrêté du préfet de l'Isère. L'avocat de l'Aspas, Me Benoît Candon, avait estimé, lors de l'audience, que l'éleveur avait seulement 2 chiens patous pour protéger 3.500 brebis et que c'était insuffisant. Mais M. Tachker avait au contraire fait valoir qu'il y avait 7 bergers ou aide-bergers avec ce troupeau et que l'éleveur avait pris des mesures sérieuses de protection. Le tir d'un maximum de six loups dans neuf départements du sud-est de la France, dont l'Isère, a été autorisé par un arrêté des ministres de l'Agriculture et de l'Ecologie, publié le 1er juin au Journal Officiel. Ces "prélèvements sur la population des loups" peuvent intervenir dans la mesure où "il est nécessaire de prévenir des dommages importants aux élevages" et où "il n'existe pas d'autre solution satisfaisante", précise l'arrêté. Selon un bilan de la FDSEA de l'Isère, le loup a tué 3.655 bêtes, dont 50 bovins, dans les Alpes françaises en 2005 au lieu de 2.785 bêtes, dont 10 bovins, en 2004.
article trouvé sur le site ferus
2-)3 loups vont être capturés dans le Mercantour:mardi 3 octobre 2006
Trois loups vont être capturés dans les prochains mois au sein du Parc national du Mercantour afin d'être équipés de colliers permettant un suivi télémétrique de leur mode de vie et habitudes alimentaires, une première en France.
Le lancement de cette expérience interviendra à la mi-octobre, avec l'arrivée dans le Mercantour (Alpes du sud) d'un trappeur américain spécialisé dans la capture des loups, l'une des étapes les plus délicates de l'opération.
Carter Niemeyer, réputé pour avoir joué un rôle pionnier dans la réintroduction et l'étude de ces animaux aux Etats-Unis, effectuera un séjour de trois semaines pour former une équipe française au piégeage du prédateur. "Nous espérons pouvoir les capturer d'ici fin avril, mais ce n'est pas gagné", reconnaît Benoît Lequette, chef du service étude et gestion du patrimoine au Parc national du Mercantour.
"L'être humain est présent jusque dans la zone centrale du Parc du Mercantour : ça rend le loup plus méfiant et le piégeage plus délicat que dans les grands espaces américains déserts", poursuit-il.
Les scientifiques français tenteront leur chance avec la seule technique de capture homologuée en Europe : un lacet prenant l'animal à la patte. Aux Etats-Unis, des mâchoires souples, conçues pour ne pas blesser l'animal, sont utilisées pour le piéger. La méthode est généralement jugée plus efficace.
Entre vingt et trente loups passent l'hiver dans les montagnes du Mercantour où le prédateur a fait sa réapparition il y a une dizaine d'années.
Une fois attrapés, les loups seront équipés, selon leur poids, de matériel VHS, avec transmission de données par ondes hertziennes, ou GPS, avec transmission des informations par satellite via un téléphone GSM.
L'expérience, qui associe le ministère de l'Environnement, le Parc national du Mercantour et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), s'inscrit dans le cadre d'une étude lancée en 2001 pour évaluer les conséquences de la présence du loup sur les ongulés sauvages -cerfs, chamois, chevreuils, mouflons. Parmi ces derniers, une quarantaine d'individus sont déjà équipés de colliers émetteurs destinés à renseigner les scientifiques.
Le suivi du prédateur apparaît comme un complément indispensable à celui des proies, estime Benoît Lequette : "nous obtenons déjà un certain nombre de données par analyse des traces sur la neige, des crottes ainsi que par le biais de la génétique mais le suivi télémétrique nous permettra d'avoir une idée beaucoup plus précise de la place occupée par le loup dans l'écosystème alpin".
Les chercheurs souhaitent comprendre "comment les ongulés modifient leur comportement, l'occupation du territoire, en fonction de la présence du loup, et si celle-ci affecte réellement leur démographie sur le long terme".
Si un tel pistage n'avait jusqu'ici jamais été entrepris en France, contrairement à d'autres pays, c'est "parce qu'il y a eu pendant des années une rétention d'information concernant le loup", estime Bernard Baudin, président de l'ONCFS, qui veut voir dans cette opération le signe d'une "décrispation" autour de la question.
Les associations de défense de l'environnement n'ont pas tardé à faire connaître leurs réserves : "est-ce qu'au-delà de la bonne foi des scientifiques, l'opération ne servira pas à marquer des loups pour le jour où il sera décidé d'en éliminer de nouveau ?", craint la fédération France Nature Environnement (FNE), interrogée par l'AFP, tout comme l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas).
" Aucun risque ", affirme le parc du Mercantour et l'ONCFS, "le cadre de l'étude reste strictement scientifique".
3-)Mercantour : la capture de 3 loups va commencer:mardi 17 octobre 2006
Comment piéger un loup, et sans le blesser ? C'est ce que Carter Niemeyer, l'homme qui a réintroduit cet animal dans le parc du Yellowstone et dans l'Idaho, va tenter d'enseigner dans le parc national du Mercantour. Arrivé dimanche en France, l'expert américain va contribuer, en transmettant son savoir-faire sur le piégeage des loups, à l'étude scientifique « prédateurs-proies ». Un programme de recherche qui associe depuis 2001 le ministère de l'Ecologie, le parc national du Mercantour, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et la Fédération départementale des chasseurs des Alpes-Maritimes.
Ongulés. « L'objectif , précise Thierry Boisseaux, directeur du parc du Mercantour, est d'étudier l'impact du retour du loup sur les ongulés sauvages : cerfs, chamois, mouflons et chevreuils. » L'étude, qui durera six ans, doit permettre de répondre à une série de questions générées par le retour d'un prédateur disparu de France depuis des décennies. Par exemple, certains chasseurs redoutent que les loups déciment les populations d'ongulés (ces espèces constituent 80 % du régime alimentaire annuel de Canis Lupus ). Du côté du parc du Mercantour, on s'interroge aussi. « En 1979, à la création du parc, il y avait un millier de chamois, ils sont 10 000 aujourd'hui , explique Thierry Boisseaux. Quel sera l'impact du loup sur eux ? Ou sur les mouflons, introduits dans le Mercantour en provenance de Corse ? »
Le programme est mis en oeuvre sur deux sites : le parc du Mercantour, dans lequel les loups sont revenus depuis 1992 et où la population est estimée aujourd'hui à une trentaine d'individus, et un site témoin, le massif des Bauges, où ils n'ont fait que de récentes incursions. L'expérience a commencé par la capture d'une quarantaine d'ongulés à l'automne 2004 dans le Mercantour. Ils ont été équipés de colliers VHS permettant de les localiser. « En suivant les proies, on va pouvoir étudier leur taux de survie et leur comportement, et comparer ces données avec celles recueillies dans les Bauges », explique Christophe Duchamp, ingénieur biologiste, chargé pour l'ONCFS du suivi du loup dans les Alpes. Avec Niemeyer, débute l'étape du piégeage de trois loups qui seront équipés de colliers GPS. « En corrélant leurs déplacements avec ceux des proies, on va pouvoir arriver très vite auprès des carcasses, avant d'autres animaux », espère Christophe Duchamp. Autre objectif : savoir si le loup est sélectif avec ses proies, s'il s'attaque plutôt au moins bien portantes comme cela a été observé au Yellowstone.
« Feeling ». Niemeyer restera trois semaines en France. Le temps de former gardes du parc et agents de l'ONCFS et, si la chance se présente, de capturer un loup. Mais la tâche est ardue. La forte présence de l'homme dans le Mercantour rend l'animal bien plus méfiant que dans les grands espaces américains. De plus, en Europe, on ne peut utiliser les pièges à mâchoires souples utilisés aux Etats-Unis. Seul est homologué un piège à lacet prenant l'animal à la patte. « Mais auprès de Niemeyer, qui a capturé dans sa vie quelque 400 loups, c'est surtout le feeling de terrain qu'on vient chercher », dit Christophe Duchamp. Les chercheurs se donnent jusqu'à fin avril 2007 pour capturer les trois loups, date à laquelle l'autorisation accordée par le ministère expirera.
Niemeyer, la passion du prédateur
Un « amoureux » du loup. C'est ainsi que le directeur du parc national du Mercantour définit Carter Niemeyer. Expert mondialement reconnu du piégeage des loups, Niemeyer est l'un des pionniers de la gestion de cette espèce dans l'Ouest américain. Biologiste, diplômé en 1973, il a débuté sa carrière comme trappeur pour l'Etat du Montana, avant de se consacrer à la protection de l'espèce au sein du service de la faune sauvage du ministère de l'Agriculture. Il est l'artisan de la capture des loups canadiens et de leur réintroduction dans le parc du Yellowstone en 1995 et dans l'Idaho en 1996. Niemeyer a aussi pris en charge les enquêtes associées aux déprédations de Canis Lupus sur les troupeaux domestiques. A la retraite depuis janvier, il reste sous contrat avec l'Etat de l'Idaho pour lequel il cordonnait depuis 2000 le programme Wolf Recovery.
4-) Cache-cache avec les loups du Mercantour:lundi 30 octobre 2006
Il est passé par ici, il repassera - peut-être - par là : depuis deux semaines, le loup du Mercantour joue à cache-cache avec le trappeur américain Carter Niemayer et son équipe, qui tentent de s'initier à l'art du piégeage "à l'européenne".
"Notre principale difficulté jusqu'à présent, c'est de repérer la meute. On ne sait pas exactement où elle est. Elle doit se balader entre la France et l'Italie", suppose le géant blond de deux mètres, dans son anglais frotté d'accent des Rocheuses américaines, où il a exercé pendant trente ans.
Trois, parmi la trentaine de loups installés dans le Mercantour, ont élu domicile il y a plusieurs années dans cette haute vallée de la Tinée, à une centaine de kilomètres de Nice et quelques battements d'aile d'Italie. Ce sont eux que le trappeur tente de capturer pour les équiper d'un collier émetteur destiné à étudier leur comportement.
"On a eu la semaine dernière un court épisode neigeux qui a ramené la meute côté français, où elle passe tout l'hiver, raconte Antoine Nochy, l'assistant français de Carter, qui s'est formé à ses côtés durant six ans. On avait rassemblé un bon faisceau de traces et là-dessus, pas de chance : plusieurs jours de pluie. Une calamité pour l'utilisation des pièges" !
Ces fameux pièges "à lacet", les seuls autorisés pour la capture des loups dans l'Union Européenne, n'en finissent pas de déconcerter le trappeur. Les 200 loups qu'il a capturés dans sa carrière l'ont tous été avec des pièges à mâchoire en caoutchouc, dont l'usage est généralisé aux Etats-Unis.
"Pour l'instant, avec les pièges européens, on n'a attrapé que des renards ! s'exclame Carter Niemayer. Ces pièges sont beaucoup plus difficiles à régler en fonction du poids de l'animal qu'on veut piéger, plus longs et compliqués à installer et paradoxalement plus dangereux pour le loup car sans dispositif de sécurité pour l'empêcher de se blesser une fois pris".
Qu'importe ces réserves, il faut respecter le règlement et Carter Niemeyer s'est mis à "tout réapprendre" pour adapter son savoir à cette nouvelle technique.
Pour relever le défi, il a ses petits secrets auxquels il initie les agents du parc national du Mercantour et de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) : l'idée de recourir à des genouillères, ou à une peau de bête, pour ne pas imprégner le sol de l'odeur humaine durant la pose du piège en épate plus d'un ; l'utilisation d'un filtre à café, pour isoler le piège de la terre qui le recouvre, fait fureur.
Les mixtures "home-made" à base de glande anale de coyote ou d'urine de loup, utilisées comme leurres olfactifs pour attirer l'animal vers les pièges, font un triomphe.
Les Français scrutent chacun des gestes du trappeur avec attention car le compte à rebours est lancé : le 6 novembre, Carter Niemeyer sera reparti aux Etats-Unis. Ils ne pourront dès lors compter que sur eux-mêmes pour attraper les loups. L'autorisation de capture délivré par le ministère de l'Environnement est valable jusqu'au mois d'avril.
"L'hiver va arriver, le sol gelé va sensiblement nous compliquer la pose des pièges. Or le loup est intelligent, il ne faudra faire aucune erreur", prédit Jean-Pierre Bergeon, agent de l'ONCFS.
Son collègue Yannick Léonard va plus loin : "La technique, c'est une chose. Sur le terrain, il nous faudra fonctionner comme des loups".
5-) Mercantour : le loup ne se laisse pas piéger:lundi 6 novembre 2006
Fin de la mission du trappeur américain qui a formé les Français à la capture.
Le Mercantour court toujours après ses loups.
Le loup y était mais il ne s'est pas laissé attraper. A ce jour, seuls quelques renards et un chien ont été retenus dans les pièges posés depuis trois semaines dans la haute vallée de la Tinée, au coeur du parc du Mercantour, à la frontière avec l'Italie. La meute transfrontalière s'est approchée les traces sont là , les animaux ont reniflé les pièges posés par Carter Niemeyer, pionnier de la réintroduction du loup dans les Rocheuses, qui forme les équipes françaises depuis la mi-octobre. Mais aucun n'a pu être capturé ni équipé du collier GPS qui permettra de les localiser. L'étude « Proies-prédateurs », conduite sous l'autorité du ministère de l'Ecologie, par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) et le parc national du Mercantour, observe le comportement du loup et notamment son impact sur les populations d'ongulés sauvages.
Piège à lacet. Mais même le géant américain il mesure 2,05 m pour 120 kg , qui a capturé en trente ans quelque 200 loups, n'est pas maître du jeu face à un tel prédateur, dans un milieu alpin différent des Rocheuses, et dans un parc où l'homme est omniprésent. D'autant que Niemeyer a été contraint de délaisser son outil de capture usuel, le piège à mâchoires de caoutchouc, pour le piège à lacet, le seul homologué par l'Union européenne. Or celui-ci se révèle « beaucoup plus difficile à régler en fonction du poids de l'animal à piéger, plus long et compliqué à installer et paradoxalement, plus dangereux pour le loup car sans dispositif de sécurité pour l'empêcher de se blesser une fois pris », explique-t-il. « Et inutilisable en cas d'humidité », ajoute son assistant français, Antoine Nochy. Or il a beaucoup plu dans le Mercantour ces derniers jours ! »
Niemeyer repart dans les Rocheuses dans quelques jours. Aussi les responsables de l'étude ont-ils décidé de suspendre temporairement le piégeage en attendant son rapport d'expertise et ses préconisations. « La neige arrive, l'hiver avec les sols gelés n'est pas forcément une meilleure période pour piéger », souligne Thierry Boisseaux, directeur du parc du Mercantour. L'autorisation de capture accordée par le ministère de l'Ecologie court de toute façon jusqu'à fin avril.
« Actes de séduction ». Le piégeage de loups à but scientifique est une première en France alors que l'Italie le pratique depuis trente ans. La coopération franco-américaine a comblé les participants. Les agents de l'ONCFS ou du Parc ont pu glaner auprès de Niemeyer des « trucs » de terrain : les leurres olfactifs (un filtre à café trempé d'urine de loup posé sur le piège) pour attirer l'animal, ou le port de genouillères ou de peaux de bête durant la pose d'un piège pour ne pas imprégner le sol d'odeur humaine. « L'expérience a confirmé la difficulté du piégeage », ajoute Thierry Boisseaux. En trente ans, les Italiens n'ont capturé que 19 loups. » Patrick Degeorges, chargé de mission Faune-Flore au ministère de l'Ecologie, attend de la capture « une meilleure connaissance du prédateur, de sa dynamique de déplacement ».
Niemeyer, lui, est enchanté par cette expérience alpine qui met à l'épreuve son art du piégeage, « cet acte de séduction et de trahison », note son assistant. Un travail de longue haleine aussi : l'étude « Proies-prédateurs » se poursuit jusqu'en 2010.
6-)Carter Niemeyer, piégeur de loup:mardi 7 novembre 2006
Ferus était présent lors de 2 exposés donnés par Carter Niemeyer, l'un à St-Martin de Vésubie le 3 novembre et l'autre à Paris le 6 novembre.
Carter Niemeyer a été l'un des principaux artisans de la réintroduction du loup dans les Rocheuses pour le Fish and Wildlife Service. Il vient de prendre sa retraite et travaille maintenant comme consultant (notamment pour l'Idaho où il vit, l'un des trois états concernés avec le Wyoming et le Montana). Il est à la fois homme de terrain, de bureau, biologiste et trappeur, artisan de la réintroduction de meutes et gestionnaire, y compris régulateur de loups. Il a notamment insisté sur l'avantage qu'il y avait aux USA d'avoir concentré en une seule personne les pouvoirs de décider des translocations, de la négociation avec les éleveurs, de l'éventuelle élimination de loups, le tout dans le cadre bien sûr des lois fédérales et du protocole de gestion.
Il est venu passer trois semaines en France, notamment dans le Mercantour, pour montrer aux Français (Parc du Mercantour, ONCFS, Fédération des chasseurs des Alpes Maritimes, partenaires d'un programme d'études sur les relations loups/proies sauvages) comment capturer des loups.
La réintroduction de loups en provenance du Canada a été décidée à la fin des années 80 sur un territoire des Rocheuses à peu près grand comme la France (deux meutes étaient déjà revenues dans le nord du Montana en franchissant la frontière canadienne). 66 loups ont été lâchés sur deux ans dans l' Idaho et le Yellowstone (superficie du parc national de Yellowstone : environ 4 départements français). En 2006, il y a plus de 1200 loups issus des 66 loups lâchés.
Comme chez nous, ils étaient au début confrontés à deux attitudes très radicales et opposées (les amis des loups et de la vie sauvage qui disaient "nous avons pris cette terre aux animaux, il faut les laisser se réinstaller et ne pas intervenir" et les éleveurs "nos grands parents sont venus à bout des prédateurs, ce n'est pas pour que le gouvernement nous en remette"). Au bout de vingt ans de communication ciblée et de milliers de rencontres, la majorité des gens se rapproche d'un point médian et accepte qui les loups, qui le principe de la gestion même si les radicaux demeurent très actifs.
97% des éleveurs de moutons ont des chiens de protection alors qu'aucun n'en avait il y a vingt ans.Au début ils recevaient des aides pour en acquérir dans le cadre d'un programme expérimental mais maintenant ils ne sont plus aidés. Le couple berger/chien est de loin le moyen qui marche le mieux (pour les moutons car on ne garde pas les vaches). Pour celles-ci comme aussi les moutons, les clôtures diverses (y compris électriques) marchent mais à condition de ne pas laisser le loup s'y adapter. Ils expérimentent des clôtures avec des rubans de couleur ou banderoles (vieille technique des chasseurs et c'est vrai que le loup hésite à franchir des banderoles que le vent secoue). Les répulsifs et vomitifs ne marchent pas sur le terrain même si des gens disent le contraire en labo. Pour Carter Niemeyer, les tirs d'effarouchement à balle en caoutchouc ne servent pas à grand chose.
On a mentionné les ânes ; c'est vrai que les ânes chargent les canidés mais certains mordent aussi les moutons et les dispersent ! L'âne semble utile pour les petites unités de moins de trente têtes. Ils expérimentent aussi des gadgets amusants comme les cris d'alarme, bruits d'arme à feu, galops de chevaux et autres sons destinés à effaroucher qui sont déclenchés par le loup lui même s'il est équipé d'un collier avec une fréquence donnée. Mais de nombreux loups sont équipés...
Quand une meute attaque du bétail, on commence par tenter de poser des colliers aux dominants, puis si elle persiste on essaie une délocalisation vers une zone vierge (mais il ne s'en trouve plus guère), enfin on tue un ou deux animaux et si ça ne suffit pas on tue toute la meute. Il faut noter que les Américains tolèrent infiniment moins de pertes que les Français et Carter Niemeyer a été impressionné par le montant des moutons tués par quelques loups en France (les 1200 loups qu'il suit en tuent moins de 300, mais beaucoup de meutes ne croisent pas de bétail). Les éleveurs ont alors le droit de tirer sur les loups lors des attaques sans autorisation préalable et rendent compte après.
Il n'a noté aucune attaque prouvée sur des êtres humains de la part des milliers de loups qu'il suit depuis 20 ans. Même pas sur ceux qui vont attraper des louveteaux dans les tanières pour les marquer.
Ils n'ont pas fait d'études lourdes sur l'impact des loups sur les proies sauvages mais malgré les dires des chasseurs, il semble négligeable puisque les populations de proies ne varient pas du fait des loups.
Les loups américains des Rocheuses ne sont pas "en haut" comme les loups des Alpes qui vont chercher les chamois, les mouflons, les bouquetins vers les sommets. Carter Niemeyer a du crapahuter dans le Mercantour alors qu'en Amérique il suit la plupart des loups équipés de colliers et les voit en voiture, dans les plaines, où sont les bisons et les wapitis.
Dans le Yellowstone, il y aurait actuellement quelque 12 meutes. L'une d'entre elle a compté 37 individus (aujourd'hui 30), probablement du fait d'une grande abondance de proies couplée avec le vide d'un territoire où aucun loup ne vivait plus depuis des dizaines d'années. Il y avait dans cette meute quatre ou cinq femelles reproductrices. Les interactions fatales entre meutes de cette taille sont fréquentes et meurtrières.
Les Américains équipent la plupart des loups du Yellowstone de colliers (2000 dollars par équipement dus surtout au prix de l'heure d'hélicoptère car ils flèchent les loups à l'anesthésiant depuis des hélicoptères ce qui serait impossible dans nos montagnes).
Pour Carter Niemeyer on peut chasser (tuer) environ 35% d'une population de loups en bon état sans nuire à son maintien, voire à son léger accroissement. L'Idaho a défini dans sa loi 15 couples reproducteurs comme le seuil au dessus duquel on pouvait considérer le loup en bon état (il y a 36 couples reproducteurs prouvés et 61 zones d'occupation permanente en Idaho). Il y a un débat actuel pour savoir si on déclassera le loup des Rocheuses de manière à pouvoir le chasser avec des quotas ciblés sur les zones d'élevage -comme on le fait pour le puma. L'Idaho et le Montana sont pour, le Wyoming contre. Le même débat a lieu au même endroit pour le grizzly.
Les pertes dues au braconnage sont faibles (ils ont des statistiques sérieuses grâce aux colliers). Environ 3 à 5% de la population.
Carter Niemeyer a exposé ses méthodes de piégeage aux Français qui se sont déclarés très contents. Il faut piéger près des loups repérés et pas seulement au hasard, dans des zones qu'ils fréquentent. L'emploi du lacet à patte n'était pas familier à Carter Niemeyer (il utilise des pièges classiques à mâchoire rembourrée de caoutchouc) mais selon lui, la nature du piège n'est pas le principal obstacle. Il faudrait pouvoir piéger près de tanières connues ou sur les places de rassemblement des loups.
7-)Savoie : procès en appel pour le tueur de loup:vendredi 1er décembre 2006
COUR D'APPEL : La culpabilité du berger tueur du loup réclamée par accusation et associations
CHAMBÉRY : Une incontournable "rectification de tir". Imposée par une application simple et stricte de la loi interdisant, à la fois, l'ouverture du feu sur un chien errant et sur un loup, espèce protégée.
Sur ce mode de l'issue inéluctable, l'accusation comme les cinq associations de protection des animaux, parties civiles, ont réclamé, hier devant la cour d'appel, la condamnation du berger qui a abattu un loup pendant l'été 2005. Il avait été relaxé en première instance.
1 000 ¤ d'amende ont été requis contre lui par le substitut général, Pierre-Yves Michau, au ministère public. Son « imprudence et sa négligence d'avoir fait feu en direction d'un animal dont il ne s'était pas assuré que ce n'était pas un loup » emportant, à coup sûr, sa culpabilité. « Pour que son geste ne soit pas imité, pour qu'il ne soit pas répété », a-t-il précisé. Et pour que l'équilibre précaire entre un loup contenu par des "tirs autorisés" et la permanence de l'activité d'élevage ovin en montagne ne soit pas rompu.
Denis Dupérier, 56 ans, l'alpagiste, a toujours clamé sa bonne foi et sa surprise de non-chasseur d'avoir réussi un tel impact à une telle distance.
« Persuadé que c'était un chien »
« J'ai visé, j'ai tiré. J'étais persuadé que c'était un chien, la nuit tombait, il allait manger ma chèvre ». Il avait trouvé l'assaillant « bizarre ». Après. Comme son frère, Pierre, 54 ans, qui devait transporter la carcasse jusqu'aux marches des officiels, sûrs jusque-là de la totale absence du prédateur dans ce massif.
Incrédulité totale de l'accusation et des parties civiles. Sur la qualité suspecte de tir, d'abord. Sur la non-idenfication hasardeuse de la cible ensuite. Sur la méconnaissance incroyable de la législation des deux frères, tous deux actifs agricoles. « Ce jugement est résolument dangereux », a conclu Me Sébastien Goguel, de ce côté-là de la barre. « Il revient à dire : si vous n'êtes pas chasseur, si vous abattez un loup sans témoin, si vous racontez que vous l'avez pris pour chien, alors, ce sera bon, vous serez relaxé ».
La messe est loin d'être dite, en revanche, d'après Me François Bern, à la défense. Selon lui, l'article L 427-9 du code de l'environnement autorise le propriétaire ou le fermier à détruire, même avec des armes, des bêtes fauves portant atteinte à ses propriétés. « C'est le droit du berger, le devoir j'ai envie de dire, fondamental, ancestral, de neutraliser un chien errant qui s'en prend à son troupeau ». Appliqué, estime-t-il, en l'espèce, par Denis Dupérier, et reconnu par le premier juge.
13 000 ¤ de dommages et intérêts sont sollicités des deux frères par les associations. La confirmation de la condamnation de Pierre Dupérier, passé au second plan, a été demandée et sa relaxe également plaidée. La cour prononcera son arrêt le 11 janvier.
8-)Gard / Aveyron : braconnage d'un loup:mercredi 21 mars 2007
Enquête après la découverte de restes de loup devant des gendarmeries
Les gendarmeries de Lozère, du Gard et de l'Aveyron ont ouvert une enquête après la découverte de restes de loup déposés devant les locaux des gendarmeries de Trèves (Gard) et de Rivière-sur-Tarn (Aveyron), a-t-on appris mardi auprès des gendarmes. Deux pattes arrières semblables à celles d'un loup avaient été retrouvées en juillet 2006 devant les locaux de ces deux gendarmeries. Après une analyse ADN, dont le résultat est connu depuis la semaine dernière selon l'Office national de la chasse et de la faune sauvage de la Lozère (ONCFS), elles se sont avérées être celles d'un loup d'origine italienne, repéré auparavant dans les Alpes et dont une carte génétique avait été dressée. Les ONCFS des départements du Gard, de la Lozère et de l'Aveyron ont également lancé une enquête pour déterminer où l'animal avait été tué. Mi-mars, des gardes forestiers avaient annoncé que des traces de loups avaient été repérées en Lozère et dans le nord du Gard, accréditant l'idée que ces animaux seraient en train d'intégrer le Parc national des Cévennes situé à cheval sur ces deux départements.